
La pollution de la planète est devenue un problème majeur pour l’humanité. Si rien n’est fait dans les prochaines années, l’environnement deviendra invivable et la plupart des espèces terrestres succomberont. Il convient donc de mettre en place une politique active de dépollution et de traitement des déchets, qui se trouvent dans les écosystèmes naturels, mais aussi dans nos zones urbanisées. Le gouvernement français a donc décidé d’expérimenter les dépodrones (drones de dépollution), avant leur généralisation dans les prochaines années à une échelle planétaire. Cette technologie est relativement simple. Il s’agit de drones équipés d’intelligence artificielle leur permettant de reconnaitre les déchets abandonnés dans l’environnement. Construits à des dizaines de milliers d’exemplaires, ils sillonneront le ciel, scannant le sol à la recherche de détritus. Équipés de pinces et d’aimants, ils seront capables de capter la plupart des déchets jonchant le sol du territoire. Du mégot de cigarette abandonné au canapé laissé sur un trottoir, les drones détecteront les moindres saletés d’origine humaine laissées sur la voie publique ou dans la nature. Les depodrones seront de plusieurs tailles et puissances. Si un petit appareil détecte un gros objet à transporter à l’incinérateur le plus proche, il pourra appeler un drone de plus grande taille capable de déplacer l’objet en question. Ces engins seront assistés par un réseau de satellites qui scanneront en permanence le territoire afin de détecter les anomalies sources de pollution. Il est ainsi prévu de nettoyer la France en moins de cinq ans. Le pays devrait devenir un des plus propres du monde. Les déchets seront d’ailleurs incinérés dans une usine située dans l’espace, afin de ne pas dégager de gaz à effets de serre dans l’atmosphère. Si tout se passe comme prévu, l’entreprise Drole2drone devrait commercialiser des millions de ses appareils, censés purifier toute la planète de ses milliards de tonnes de déchets, plastiques notamment.
L’ère du grand nettoyage planétaire est lancée et devrait durer une bonne décennie, le temps de localiser et de déplacer tous les déchets vers les incinérateurs. Ainsi, l’humanité pourra laisser aux générations futures une Terre propre et régénérée, où les espèces naturelles pourront reprendre leur vie habituelle dans des écosystèmes purifiés.
L’intervention humaine dans ce processus de nettoyage sera marginale. Elle sera toutefois nécessaire dans certains cas. En effet, lesdépodrones seront certes équipés d’IA capables de déterminer si un objet est un déchet abandonné, ou un bien matériel appartenant à un humain. Toutefois, en cas de doute, les images de la zone en question seront envoyées à un quartier général où des opérateurs seront chargés d’analyser et de prendre la décision d’une intervention. Dans les cas les plus difficiles, inaccessibles aux drones, il sera même possible d’envoyer des équipes d’agents de nettoyage spécialisés, équipés d’outils adaptés à la gestion des déchets spéciaux.
L’État français est véritablement pionnier dans la mise en place d’une politique de nettoyage systématique de son territoire. Il fut un des premiers à appliquer la taxe de 1% sur les échanges commerciaux afin de financer sa stratégie de dépollution. Les tractations sont en cours pour appliquer cette taxe à toute la planète, afin de généraliser la diffusion des dépodrones, qui ne constituent toutefois qu’une part infime de la R&D dans le domaine de la sauvegarde des écosystèmes planétaires.
Drole2drone a déjà travaillé avec d’autres États intéressés par le potentiel de ses flottes de robots nettoyeurs. L’entreprise travaillera avec l’ascenseur spatial de l’ile de Ré pour transporter les déchets en orbite, où ils seront incinérés. De la sorte, leur transport ne dépensera que peu d’énergie et sera écologique. Les dépodrones sillonneront les zones habitées en journée, et les zones inhabitées la nuit, afin d’éviter les nuisances sonores liées à la localisation et à l’extraction des déchets.
La dépollution de la planète est une noble cause que les pays les plus riches ont le devoir d’amorcer chez eux, mais aussi de financer à l’échelle planétaire. Cette solution pourrait permettre d’éviter l’apocalypse environnementale prédite par les collapsologues depuis plusieurs décennies. La prise de conscience collective de l’impératif écologique a mené à la création d’une technologie particulièrement efficace et aux résultats stupéfiants.
Il n’en reste pas moins que quelques esprits grognons ont contesté la pertinence des dépodrones. Certaines personnes se sont plaintes d’avoir vu leurs objets personnels, laissés de côté un instant, assimilés à des déchets et traités comme tels. Des riverains ont ainsi vu leur linge mis à sécher dans leur jardin arraché de leur fil par des drones. Il est même arrivé au début de la procédure que des voitures soient prises pour des épaves abandonnées et déplacées en centre d’incinération. Si quelques dysfonctionnements ont été enregistrés, le bilan général est toutefois plutôt satisfaisant et les perspectives d’avenir prometteuses. Les dépodrones ne s’occupent toutefois que des déchets abandonnés. Les poubelles sont toujours gérées par des éboueurs. Ces derniers sont toutefois de moins en moins souvent humains, remplacés par des robots humanoïdes accompagnant des camions pilotés par des IA. L’automatisation des tâches de nettoyage et de gestion des déchets permet donc une révolution dans la propreté du territoire.
Les dépodrones ont été déployés dans un premier temps dans les zones urbaines défavorisées, mal desservies par les services de nettoyage, afin d’y enlever les nombreux déchets jonchant le sol. Les rivières aussi ont été équipées de sous-marins chargés de sonder et de ramasser les détritus jetés depuis des décennies. Le traitement des cours d’eau apparait comme une priorité pour le ministère de l’Environnement. Les drones sous-marins, équipés de caméras et de sonars permettent de sonder les lits des rivières, avant que cette technologie soit étendue aux océans. Il est estimé que 10 millions de tonnes de déchets plastiques pénètrent dans les océans chaque année rien qu’à partir des littoraux. Il est important de ramasser au plus vite ces éléments, qui se dégradent lentement en microplastiques pouvant causer une pollution extrêmement néfaste pour la santé des animaux et des humains. Les dépodrones ont pour vocation de ramasser une grande partie des déchets plastiques de la planète dans les prochaines décennies. Des flottes d’engins volants, roulants et navigants traqueront et traiteront les rejets humains. Cette technologie a été testée avec succès dans des festivals de musique, où les individus avaient tendance à se débarrasser de leurs déchets d’une manière anarchique. Les résultats furent si prometteurs, que les dépodrones furent utilisés massivement lors d’évènements sportifs d’envergure comme les Jeux olympiques, qui nécessitaient la propreté exemplaire des villes d’accueil. Grâce à cette technologie, l’humanité a montré sa formidable capacité à résoudre les problèmes les plus difficiles. En effet, la pollution des écosystèmes, conséquence d’une fuite en avant du capitalisme, aurait pu condamner l’humanité à une fin certaine. Mais le système productif a une nouvelle fois trouvé la solution lui permettant de pérenniser son hégémonie planétaire. Grâce aux dépodrones, les déchets pourraient ne plus être qu’un lointain souvenir. La gestion de la pollution chimique de la nature demeure toutefois un problème important, qui mobilise d’ores et déjà des laboratoires de R&D en quête de nouveaux produits susceptibles d’effacer l’impact des rejets de produits dangereux dans la nature.
Thomas Michaud
06/04/2024